Peaky Blinders l'Histoire Vraie

Les Peaky Blinders : L’Histoire Vraie du Gang de Birmingham

Sommaire

Et si je vous disais que la série Peaky Blinders s’était inspirée d’une histoire vraie ?
En effet, les Peaky Blinders ont bel et bien existé, mais pas de la façon dont vous le croyez. Au risque de vous décevoir, il n’y a pas eu de vrai Thomas Shelby, ni d’Arthur Shelby, ni de famille Shelby ou même d’entreprise Shelby.
En réalité, les vrais Peaky Blinders ont régné sur Birmingham bien avant les années 20. Contrairement à l’œuvre fictive, leur bande était faiblement organisée, mais était alors plus violente et plus vicieuse.

Après la Première Guerre mondiale, il y a cependant bien eu un gang qui a sévi à Birmingham. Ce gang était nommé « Les Birmingham Boys » et était dirigé par un certain Billy Kimber. Ça doit vous dire quelque chose, non ?
Vous savez ce gangster qui apparaît dans l’épisode 2 de la saison 1 de la série, celui qui fait irruption dans le bar des Shelby pour s’entretenir avec Tommy ?

Eh bien, si l’on devait choisir un homonyme de Tommy, ce serait lui. Enfin… à quelques détails près (et c’est peu dire).

Mais il n’y avait pas que lui comme personnage ayant réellement existé dans la série. Darby Sabini et Alfie Solomons étaient, eux aussi, bien réels dans les années 1920.

Tout ça, je vais de toute façon vous en parler dans quelques instants.
Avant cela, laissez-moi vous expliquer qui étaient les vrais Peaky Blinders.

Les Peaky Blinders, l’histoire vraie

Pour comprendre l’origine des Peaky Blinders, il est tout d’abord important de parler des « sloggers », un terme que l’on pourrait traduire en français par « personnes qui donnent des coups violents ».
À l’origine, il s’agissait d’un terme utilisé dans le monde de la boxe dans les années 1820, mais son usage s’est rapidement répandu en dehors du ring.

Pourquoi parler des « sloggers », appelés aussi « slogging gangs » ? Parce que c’est à partir de là que tout a commencé.
Pour cela, il faut remonter à la fin des années 1850, en Angleterre.
À cette époque, le pays fait face à des difficultés économiques croissantes. Des difficultés qui vont, par la suite, entraîner un autre problème : l’émergence de la violence dans les quartiers pauvres.
Cette violence, Birmingham la subira alors énormément durant toute la seconde moitié du XIXe siècle, notamment avec l’apparition de bandes de jeunes voyous, appelés plus tard « sloggers ».

Des sloggers dans les rues de Birmingham

Une bande de jeunes traînards à Birmingham (probablement au début du XXe siècle).

 

Les « sloggers » étaient des vauriens qui traînaient à longueur de temps dans les rues pauvres de Birmingham pour voler les passants, les agresser, se battre brutalement entre eux ou organiser des paris illégaux.
Ils n’avaient rien d’autre à faire, si ce n’est de s’adonner à des activités peu scrupuleuses et troubler l’ordre public.

On dit que ces bandes de jeunes brutes sont nées à la fin des années 1850 à Birmingham, après que la police ait décidé, sous la pression de la classe supérieure, de réprimer leurs délits.
Certains des jeunes de la ville ne l’ont pas entendu de cette oreille et se sont alors regroupés pour former des bandes qui résisteraient à ces interventions policières.
De là sont nés les « slogging gangs », des groupes de jeunes voyous issus des quartiers pauvres de Birmingham, qui seraient le point de départ des Peaky Blinders.

Arrestation de 2 vrais Peaky Blinders

Photo d’arrestation de 2 jeunes voyous (aucune information sur leur lieu d’origine, ce qui est sûr c’est qu’ils viennent de Grande-Bretagne). 

 

Après ces actions policières, les « sloggers », ou membres des « slogging gangs », se sont donc mieux organisés et ont formé des bandes qui luttaient contre les forces de l’ordre, afin de pouvoir continuer leurs délits en toute impunité.
Cette fripouille était pour le moins intenable, puisqu’elle ne se contentait pas uniquement d’agresser les policiers, mais aussi tous ceux qu’elle croisait : hommes, femmes, jeunes ou vieux.
Des gangs de rue comme ceux-ci, il y en avait également dans d’autres villes, comme à Manchester, Salford, Liverpool ou Londres.
Mais c’est à Birmingham que les crimes étaient les plus virulents.
D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que la ville a été reconnue, à la fin du XIXe siècle, comme l’une des plus violentes de Grande-Bretagne.

Dans les rues sombres et malfamées de Birmingham, les « slogging gangs » étaient rois. Chaque bande était composée d’environ une centaine de jeunes. La plupart étaient armés, que ce soit avec des couteaux, des lames de rasoir ou des marteaux.
Accoutumés des vols, des émeutes et des meurtres, ils créaient une atmosphère des plus effrayantes dans la ville.

La police a pourtant tenté de faire de son mieux pour contrôler cette situation chaotique, mais… en sous-effectif, elle ne pouvait malheureusement rien faire.

Un policier de Birmingham fin du XIXe siècle, début du XXe

Un sergent de police contrôlant l’entrée d’un théâtre à Birmingham. Une partie de son travail consistait à empêcher l’entrée des jeunes brutes indésirables (date inconnue, mais probablement fin du XIXe, début XXe).

 

Ces violences entre gangs ont véritablement éclaté dans les années 1870.
À cette période, il n’était pas rare de voir des groupes de centaines de jeunes se battre pendant des heures, et ce, parfois jusqu’à la mort.
L’un des plus impitoyables d’entre eux était le « Cheapside Slogging Gang ». Un gang qui a dominé Birmingham pendant des dizaines d’années, et qui a notamment été impliqué dans le racket de protection.

Les « sloggers » étaient capables de tout, comme nous le démontre ce rapport de police datant du dimanche 7 avril 1872 :

  • Ce jour-là, un grand groupe de jeunes, composé de 400 individus environ, se rassemble dans le quartier de Cheapside pour semer le chaos. Ils brisent des vitres et créent un énorme désordre dans la zone, à la grande consternation des habitants.
    Après ça, ils se dirigent vers le quartier de Hill Street et continuent leur foutoir en lançant des briques et des pierres sur les fenêtres des commerçants (l’un d’entre est d’ailleurs touché, et transporté plus tard à l’hôpital).
    Pourtant, ils ne s’arrêtent pas là. Certains vont même jusqu’à arrêter les passants pour les terroriser et les insulter.
    Ce n’est qu’une fois qu’un petit groupe de policiers les approchent pour les disperser, que toute cette canaille décide de s’enfuir pour Cheapside, leur quartier d’origine.

Voilà donc ce dont ils étaient capables.
Et cet exemple n’en est qu’un parmi tant d’autres.

D’ailleurs, trois jours après ces faits, les jeunes voyous remettent ça.
Armés de bâtons et de grosses pierres, ils sont cette fois-ci entre 70 et 80 individus. Le groupe se rassemble alors près du centre-ville de Birmingham et là, que font-ils ? Ils lapident un agent de police !
Deux d’entre eux sont arrêtés, et devinez quoi ? Le premier (nommé John Gibbon) n’a que 13 ans, tandis que le second (Michael Lowry) a seulement 1 an de plus.

Ouais, la plupart des « sloggers » étaient de jeunes adolescents.
Toutefois, il valait mieux ne pas se fier aux apparences. Si vous aviez le malheur un jour de vous en prendre à eux, les conséquences pouvaient être terribles…
Le témoignage du magistrat Alderman Melson, une des victimes des émeutes du dimanche 7 avril 1872, l’atteste bien :

  • Le jour où les « sloggers » avaient tout saccagé, ils étaient passés devant sa maison. Ne voulant sûrement pas les laisser faire, M. Melson sort avec un bâton pour les frapper et tenter de les faire fuir. Mais son fils intervient, et puis… tout vire au cauchemar.
    En effet, ce dernier suit la bande, et agrippe leur chef. Seul contre tous, il se fait, sans surprise, violemment agresser.
    Les conséquences sont alors terribles : le fils de M. Melson rentre chez lui couvert de sang, la lèvre et les oreilles coupées…

Vous l’avez sans doute compris, les « sloggers » ne faisaient pas dans la dentelle.
Mais du coup, comment expliquer cette escalade de violence à Birmingham à la fin du XIXe siècle ?
Eh bien, on peut tout d’abord l’expliquer par l’absence de lieux de loisirs pour la jeunesse des quartiers pauvres.
En effet, en raison de la loi de l’époque, les jeunes garçons (qui travaillaient généralement à l’usine) n’étaient pas autorisés à travailler après 6 heures du soir. Après le boulot, ils sortaient par conséquent dans la rue et se divertissaient comme ils pouvaient.
Malheureusement, leurs loisirs étaient tournés vers la délinquance, et c’est ce qui a favorisé l’essor de la violence.

Une rue pauvre de Birmingham début XXe siècle

Photo dans laquelle des jeunes femmes et des enfants posés. Il s’agit de la rue Bagot, située à Birmingham, une rue qui aurait abriter une bande de sloggers. 

 

On peut ensuite l’expliquer par une autre raison.
Une raison qui remonterait aux années 1840, période pendant laquelle s’est développé un profond antagonisme de la classe ouvrière de Birmingham envers les forces de l’ordre.
Les policiers qui appliquaient la loi étaient en effet considérés par les habitants des quartiers pauvres comme des ennemis. Une hostilité qui a commencé lorsque les forces de police se sont de plus en plus mêlées des quartiers pauvres. Le style du maintien de l’ordre était passé de la simple ronde à une approche plus coercitive et punitive.
De là, ont donc émergé les « sloggers », ces bandes de jeunes brutes fauteurs de troubles.

La rue appartenait aux « sloggers », elle était leur seul terrain de jeu et il était hors de question que la police vienne empêcher cela. Dans un pays où tant de choses leur étaient refusées, ils ne leur restaient finalement plus que ça, la rue.

C’est entre 1867 et 1880 que les délits ont été les plus fréquents.
À cette période, la police est confrontée à des violences systématiques lorsqu’elle essaie d’empêcher les troubles de voisinages des « sloggers ».
Ces derniers, avec leur jeu de pari favori, le « pitch and toss » (jeu consistant à lancer une pièce de monnaie au plus proche d’une marque donnée), ont pour habitude de produire de fortes nuisances sonores, perturbant considérablement la tranquillité des honnêtes citoyens de Birmingham.
À plusieurs reprises, les policiers ont pourtant tenté d’intervenir sur les lieux, mais les jeunes voyous les repoussaient systématiquement avec des jets de pierres.
Lors de ces ripostes, des officiers de police sont alors gravement touchés, contraignant certains à ne plus vouloir se confronter aux « sloggers ».

L’inaction policière face à ce fléau sera d’ailleurs pendant longtemps critiquée par les journaux et les habitants de Birmingham, exaspérés par la situation.
Mais on en revenait toujours au même problème : les forces de l’ordre étaient en net sous-effectif par rapport aux fauteurs de troubles.

Prenons l’exemple de l’année 1867, où la police de Birmingham disposait uniquement d’un effectif de 400 agents, soit 1 policier pour 813 habitants.
À partir de là, comment voulez-vous résorber le problème ?
Il n’est pas étonnant que, par la suite, les problèmes liés aux gangs se soient intensifiés :

  • En effet, la vermine de Birmingham a continué à s’attaquer aux policiers, lorsque ceux-ci tentaient d’arrêter leurs parties de jeux d’argent.
  • Les agressions contre les piétons se sont poursuivies.
  • Et puis, les bagarres entre bandes se sont multipliées.

Bref, les rues de Birmingham devenaient, nuit après nuit, la scène d’une violence presque incontrôlable…

La brutalité qui régnait dans les quartiers ouvriers de la ville a dès lors fini par attirer l’attention au niveau national, et Birmingham a été méprisée dans tous les coins d’Angleterre.

Une foule à Birmingham montrant des vrais peaky blinders

Image d’illustration montrant une foule de personnes dans la ville de Oldham (comté du Grand Manchester) en 1900. 

 

À la fin des années 1880, les « sloggers » continuaient de causer des problèmes dans tout Birmingham. À cette période, les gangs de brutes n’étaient pas ce qui manquait. Ils émergeaient de plus en plus, et c’est ainsi que sont nés les « Peaky Blinders ».

Ouais, ce n’est qu’à partir de 1890, que le terme « Peaky Blinders » fait pour la 1re fois son apparition.
Qui étaient-ils ?
D’après ce qui se disait à l’époque, ils auraient été l’un des gangs de rue les plus redoutables de Birmingham.
N’allez cependant pas croire qu’ils étaient du genre à bien s’habiller, qu’ils aient été charismatiques ou respectés par la classe ouvrière birminghamienne, comme dans la série. Non, non, en fait, ils étaient tout le contraire !

Issus des quartiers pauvres, ils n’avaient en aucun cas les moyens de se vêtir comme Thomas Shelby ou les membres de son gang.
Tirant leurs origines des « sloggers », ils étaient indignes de respect, n’étaient que très peu éduqués, et causaient un véritable tort aux habitants de Birmingham.
Ce n’était que des petits voyous, des voleurs, des agresseurs de femmes, qui commettaient leurs délits qu’à l’échelle locale.
En somme, ils n’avaient rien de remarquable ou de glamour.

Thomas Shelby et un vrai peaky blinder

À gauche : le personnage fictif de la série « Peaky Blinders » Thomas (Tommy) Shelby.
À droite : George Williams, un vrai peaky blinders reconnu coupable d’avoir tué un policier.

 

Une question subsiste cependant : d’où est tiré ce nom, « Peaky Blinders » ? Y a-t-il des informations qui pourraient nous en dire plus sur ce célèbre gang ?
En français, «Peaky Blinders » signifie littéralement « casquettes aveuglantes ».
Pourquoi « casquettes aveuglantes » ?
Parce qu’il y aurait eu une rumeur à l’époque, selon laquelle les Peaky Blinders cousaient des lames de rasoir sur le devant de leurs casquettes. Ce qui aurait été pratique lors les combats, car ils pouvaient s’en servir comme arme potentielle. La lame tranchait le front de leurs ennemis et provoquait dès lors une coulée de sang dans leurs yeux, les aveuglant temporairement.

Toutefois, cette légende est-elle vraie ?
Les Peaky Blinders cachaient-ils vraiment des lames de rasoir sur la visière de leur casquette ?
Eh bien, au risque de vous décevoir, la réponse est plus proche du non que du oui.
Tout d’abord, parce qu’à l’heure actuelle, il n’existe aucune preuve qui corrobore ce fait. Et puis, parce qu’il aurait été impossible pour les Peaky Blinders de se procurer des lames de rasoir aussi fréquemment à cette période.
Car oui, à la fin du XIXe siècle, les lames de rasoir jetables ne se trouvaient pas facilement et étaient assez coûteuses. En général, les jeunes hommes de l’époque utilisaient des rasoirs coupe-choux ou se rendaient directement chez le barbier.

Du coup, s’il s’avère que cette anecdote soit un mythe, quelle est la vraie histoire qui se cache derrière ce terme ?
En fait, cette appellation tire son origine du fait que les Peaky Blinders avaient pour habitude de mettre leur casquette sur le côté, et qu’ils la pliaient de sorte à ce qu’on puisse à peine voir leurs yeux. D’où le terme « casquettes aveuglantes ».
Au final, ce n’était qu’un style vestimentaire.
D’ailleurs, on pourrait brièvement parler de celui-ci, qui a connu deux phases :

  • La première, composée d’un pantalon ample au niveau du bas des jambes, d’une ceinture à boucle, de bottes, d’une espèce de veste, d’une écharpe voyante et d’un chapeau melon à bords allongés.
    Le style capillaire, lui, consistait en une coupe très courte avec une longue touffe plaquée en biais sur le front.
  • Puis, un autre style est apparu et a apporté deux changements.
    Les Peaky Blinders ont échangé leur chapeau melon pour des casquettes plates, et leur coupe de cheveux est passée de la touffe plaquée à ce qui pourrait s’apparenter à une frange d’âne.
    Une frange qui donnait d’ailleurs une allure diabolique à celui qui l’arborait d’après les témoignages de l’époque.

Pour ce qui était des armes, les Peaky Blinders utilisaient généralement des ceintures, des bâtons, des briques, des coups-de-poing américains, des couteaux de poche ou des boyaux de chats avec des pierres attachées à l’extrémité.

Le style vestimentaire des vrais peaky blinders

Il s’agit ici de 2 vrais peaky blinders. On peut voir les 2 styles vestimentaires cités préalablement : à gauche le chapeau melon, et à droite la casquette.

 

Bien que les « Peaky Blinders » aient été connus comme une bande dans les années 1890, il est important de noter que l’expression devient par la suite (à partir du début du XXe siècle plus précisément) le nom générique donné à tout type de brutes sévissant à Birmingham (faisant partie d’un gang ou non).

À la fin du XIXe siècle, un énorme fossé séparé donc les honnêtes citoyens de Birmingham des Peaky Blinders.
Nés de parents négligents et issus des milieux défavorisés, la rue était, comme les « sloggers » avant eux, leur terrain de jeu.
Très tôt, ils sortaient de fait dans la rue et fréquentaient d’autres garçons de leur âge pour commettre toutes sortes de délits.

Les Peaky Blinders avaient en général entre 12 et 30 ans. Parmi eux, on peut citer Charles Lambourne (12 ans), David Taylor (13 ans) ou Henry Fowler (un autre jeune Peaky Blinder qui ne devait pas en être loin).

Des véritables peaky blinders

Photos montrant de jeunes peaky blinders.
De gauche à droite : Charles Lambourne, David Taylor et Henry Fowler.

 

Malgré le fossé qui les séparait du monde respectable, les Peaky Blinders ne vivaient pourtant pas en marge de la société.
En effet, la plupart d’entre eux vivaient dans les quartiers pauvres de Birmingham, aux côtés de la classe ouvrière. Ils étaient intégrés dans leur communauté et travaillaient comme tout le monde.
Leurs métiers étaient alors assez variés : certains étaient ouvriers à l’usine, d’autres travaillaient dans le commerce de cuivre ou trimaient en tant que batteurs d’or.
Finalement, c’étaient des types qui travaillaient dur, mais qui, une fois rentrés du boulot, s’adonnaient à des loisirs brutaux, notamment les bagarres de rue.

Seuls, les Peaky Blinders étaient considérés comme les plus grands lâches, ce n’est qu’en groupe finalement qu’ils osaient défier la police et perpétrer leurs crimes. Ils suivaient en général les ordres d’un chef, mais leur bande était assez faiblement organisée.
Leur but, quant à lui, n’était pas de s’enrichir, non, non. Bien que certains pratiquent le racket de protection, la plupart des Peaky Blinders ne se préoccupaient que d’une chose en réalité : se battre.

Il arrivait alors que des Peaky Blinders se fassent arrêter, mais ils s’en sortaient toujours bien et écopaient de peines relativement légères : quelques jours, quelques semaines, voire quelques mois, mais bizarrement ça ne se comptait jamais en années.
En fin de compte, cette clémence de la justice n’a fait que les pousser à continuer.

Le ras-le-bol des habitants de Birmingham a ainsi commencé à se faire entendre de plus en plus.
Il faut les comprendre : il était impossible pour eux de se balader la nuit tranquillement, il y avait toujours des bandes de jeunes traînards qui les frappaient et les agressaient.

Surnommée la « ville des Peaky Blinders », Birmingham a dès lors vu son taux de violence continuer à augmenter. Toutes les rues étaient infestées par cette vermine, qui ne faisait que terroriser les honnêtes gens, encore et encore.

Heureusement, le règne des Peaky Blinders allait bientôt se terminer.

Éradication et fin des Peaky Blinders

Dans la série « Peaky Blinders », et plus particulièrement dans la saison 1 et 2, il y a ce personnage, l’inspecteur Campbell.
Dans l’histoire, son but est de se débarrasser du crime et de la corruption qui sévissent à Birmingham.
Physiquement imposant et plein de ruse, il fait de la lutte contre la pègre son cheval de bataille, notamment en ciblant les Shelby.
Malheureusement, après quelques épisodes, Campbell faillit à sa mission et ne parvient pas à faire tomber les Peaky Blinders.
On pourrait alors croire qu’il en a été de même dans la vraie vie, mais ça n’a pas du tout été le cas.

En effet, les vrais Peaky Blinders ont aussi eu leur inspecteur Campbell à l’époque, sauf que celui-ci s’appelait Charles Haughton Rafter : c’était un officier de police, originaire de Belfast qui a, contrairement au personnage fictif Campbell, réussi à se débarrasser de la pègre.

L'inspecteur Campbell dans la série Peaky Blinders

L’inspecteur Campbell dans la série de Steve Knight « Peaky Blinders » (2015).

Charles Haughton Rafter le vrai inspecteur Campbell dans la série Peaky Blinders

Charles Haughton Rafter, l’homme qui a éradiqué les vrais peaky blinders de Birmingham.

 

C’est suite à l’épidémie de brutalité qui a fait rage à Birmingham à la fin du XIXe siècle, et aux meurtres de policiers perpétrés par les Peaky Blinders, que Charles Rafter est nommé chef de la police de la ville.
Pour les habitants de la région, les Peaky Blinders avaient régné trop longtemps. Les agressions incessantes contre les citoyens et la police, ainsi que la trop grande indulgence de la justice envers les Peaky Blinders ont fait qu’il était urgent d’intervenir.

Urgent, ouais, c’était bien le mot, comme nous le démontre cette anecdote :

  • À l’apogée des Peaky Blinders, on raconte qu’un gang armé de ceintures à boucle et de couteaux se serait jeté sur un pauvre homme inoffensif pour le poignarder quasiment à mort (en plus de le battre sans pitié juste après). Un des témoins de la scène aurait du coup témoigné, et se serait retrouvé à son tour poignardé par certains des membres de la bande, alors qu’il quittait le tribunal.
    Le chef du gang (qui n’était autre qu’un Peaky Blinder) a alors été arrêté, mais n’a été condamné (tenez-vous bien) qu’à deux mois de prison.

La pression populaire, de plus en plus forte, a dès lors poussé le gouvernement à agir. Quelque temps plus tard, il décide de prendre l’affaire en charge et nomme Rafter à la tête des forces de l’ordre birminghamiennes.

Charles Rafter était un chef de police au fort leadership. Il était connu pour son maintien de l’ordre efficace, et pour son attitude toujours de sang-froid et de lucidité.
C’était quelqu’un qui avait le sens de l’organisation et qui savait garder son calme, même lorsque la situation devenait critique.
Des qualités qui lui ont permis de rendre les rues de Birmingham plus sûres et de se débarrasser définitivement des Peaky Blinders.

Rafter commença son travail en 1899.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il étudia la ville de Birmingham et ses caractéristiques avec minutie. Puis, pour mener à bien sa mission, il veilla à ce que ses hommes soient les plus compétents possible.
Pour entrer dans ses rangs, les candidats devaient être intelligents, déterminés, vaillants, forts physiquement, capables de se battre et connaître toutes les lois qui régissent les arrestations.

Policiers ayant luttés contre les peaky blinders

L’homme debout au milieu de la 1ère rangée était un instructeur d’entraînement physique de la police de Birmingham. La boxe et la lutte étaient enseignées pour l’autodéfense, afin de mieux rivaliser contre les peaky blinders (photo datant du début du XXe siècle).

 

Rafter commença ainsi sa tâche, mais ses premières années de service à Birmingham n’ont malheureusement pas les effets escomptés.
Il manque cruellement d’hommes et les agressions contre les policiers sont toujours aussi nombreuses.
Rien que pour l’année 1899, neuf policiers se retrouvent handicapés suite aux attaques des Peaky Blinders. En 1901, Birmingham totalise alors plus de 500 agressions contre la police.

L’anarchie a donc continué de régner dans la ville, et la nomination de Rafter au poste de chef de police n’y a rien fait. Les Peaky Blinders posaient toujours autant de problèmes…

Il faudra finalement attendre le début des années 1910, pour que les Peaky Blinders soient enfin éliminés.
Comment cela s’est-il produit ?
En réalité, plusieurs facteurs ont conduit à leur disparition :

  • Tout d’abord, il y a eu Rafter et ses hommes, qui ont joué un rôle crucial dans l’éradication des Peaky Blinders.
    Grâce à leur courage et à une augmentation de leur effectif, la délinquance juvénile s’est progressivement dissipée, jusqu’à l’extinction complète des Peaky Blinders.
  • L’autre facteur, également décisif, est le valeureux soutien des personnes respectueuses de la loi à l’égard de Charles Rafter. Ces derniers, fatigués et irrités du règne de terreur des Peaky Blinders, ont, contre toute attente, décidé de témoigner, et ce, malgré l’intimidation qu’ils subissaient.
  • Puis, il y a eu la fin de la clémence des juges envers les jeunes voyous. Certains des Peaky Blinders ont été condamnés à des peines lourdes et exemplaires, allant jusqu’à la perpétuité. Ce qui était une première à l’époque.
  • Ensuite, il y a eu le développement des clubs de loisirs pour jeunes, qui a, lui aussi, favorisé la baisse de la délinquance.
    Arnold Pinchard, homme d’Église à Birmingham, fait partie de ceux qui en sont à l’origine.
    Vers la fin du XIXe siècle, Pinchard ouvre en effet un club pour jeunes, permettant à la nouvelle génération de se divertir après le travail.
    Certains des Peaky Blinders peuvent ainsi jouer aux cartes, aux dames ou aux dominos. Mais ce qui a le plus de succès auprès des jeunes, c’est la boxe. Eh oui, beaucoup étaient des habitués des combats de rue, et grâce à Pinchard, qui organise des compétitions seulement deux mois après la création du club, ils peuvent enfin s’exercer dans un cadre structuré.
    Grâce à la boxe, les jeunes apprennent la discipline, le respect, et prennent part à une activité plus morale.
  • En plus de la boxe, il y a également le football qui connaît un succès grandissant chez les jeunes de l’époque. Des championnats, tels que le Small Heath and District League, sont créés et offrent la possibilité à la jeunesse de s’occuper plus raisonnablement.
  • On pourrait aussi parler des salles de cinéma, autre divertissement qui a permis aux jeunes de s’éloigner de la rue.
    Ou encore l’école qui, dès 1906 (et ce, grâce à des réformes du gouvernement), s’occupe mieux de l’éducation des enfants, avec une prise en charge des traitements médicaux, un accès à l’alimentation ou au logement.

En résumé, la lutte contre la délinquance endémique, ainsi que les aides sociales apportées à la jeunesse de Birmingham, ont permis à la ville de retrouver enfin de sa superbe.

Arnold Pinchard

Portrait de profil d’Arnold Pinchard, l’homme d’Église ayant permis à la jeunesse de Birmingham de se divertir plus raisonnablement.

Combat de boxe en Angleterre dans les années 1900

Photo d’illustration d’un combat de boxe à West Ham (Londres) datant de 1909.

Equipe de football de Birmingham dans les années 1890

L’équipe de football Small Heath F.C. (Birmingham) photographié en 1893 avec le trophée de la deuxième division de la Football League.

 

En 1914, les Peaky Blinders étaient, pour ainsi dire, de l’histoire ancienne.
La plupart d’entre eux ont fini par s’engager dans l’armée, et ont servi durant la Première Guerre mondiale.
Peu malheureusement sont revenus, et les rares qui avaient eu la chance de survivre étaient maintenant plus âgés et plus disciplinés.
Certains ont fondé une famille, et se sont tout naturellement assagis avec le temps.

Pourtant, après la Première Guerre mondiale, la police lutte toujours contre des gangs de rue.
Certains des Peaky Blinders ne s’étaient évidemment pas rangés durant l’entre-deux-guerres, et ont continué à mener une vie de truand.

Beaucoup d’entre eux ont rejoint les rangs d’un dénommé Billy Kimber, chef du célèbre gang de Birmingham, connu pour avoir terrorisé les hippodromes d’Angleterre pendant les années 1920.

Le gang de Birmingham de Billy Kimber

Vous vous souvenez, plus tôt, en introduction, je vous avais dit que, dans l’Histoire, il n’existait pas de vraie famille Shelby.
En réalité, cette affirmation n’est pas tout à fait vraie.
Il y a eu en effet une famille similaire à celle des Shelby, dans le Birmingham des années 1920, une famille appelée les Sheldon.
Deux noms qui se ressemblent beaucoup. Étrange, non ?
En fait, il y a une raison simple à cela : Steve Knight, le créateur de la série, avait un père, dont les oncles appartenaient à une certaine famille, les Sheldon (famille qui aurait régné par la peur à Birmingham dans les années 1920). Certains de ses membres étaient connus comme étant des criminels notoires, notamment impliqués dans les jeux d’argent. Pour la série, Steve Knight a ainsi choisi un nom similaire aux Sheldon, et c’est comme ça que les Shelby sont nés.

Mais en sait-on davantage sur les Sheldon ?
À vrai dire, pas tellement.
Il existe toutefois quelques informations qui peuvent nous en dire plus sur cette famille si étrangement liée aux Shelby.

Les Sheldon étaient une famille nombreuse, vivant à Birmingham dans les années 1920. Ils vivaient dans une maison qui donnait sur Witton Street, au bout de laquelle se trouvait le véritable pub Garrison.
Contrairement au reste de la fratrie, John, Samuel et Joseph (trois des frères Sheldon) décident alors de choisir la voie de la délinquance.

Ils étaient connus pour être des criminels violents dans le Birmingham du début du XXe siècle. Les frères Sheldon étaient notamment souvent impliqués dans des émeutes, des fusillades et même dans l’une des pires guerres de gangs de l’histoire de la ville.
Comme les Shelby, ils avaient d’ailleurs des affaires dans les hippodromes de Birmingham.
Leur territoire ne se limitait toutefois qu’à cette ville, et à aucun moment ils se sont répandus dans le reste de l’Angleterre.

Pour trouver plus gros qu’eux à cette époque, il faut se tourner vers un autre gangster, plus célèbre : William « Billy » Kimber, le chef du gang de Birmingham.

Samuel Sheldon un vrai peaky blinder dans les années 20

Photo d’arrestation judicaire de Samuel Sheldon.

 

Contrairement aux Sheldon, Kimber mena des opérations criminelles à l’échelle nationale. Et contrairement à la série, il n’était pas petit et ne venait pas de Londres.
Kimber était en effet originaire du quartier de Summer Lane, à Birmingham. C’était un homme bien bâti, fort et charismatique.
Là-bas, il devient le chef d’une redoutable bande de voyous, le gang de Birmingham (appelée aussi « Birmingham Boys »).

Il ne s’agissait pas d’un groupe criminel organisé, comme peut l’être la mafia, mais plutôt d’une bande de voyous bagarreurs qui se réunissaient occasionnellement et qui formaient alors une force redoutable.

Son gang a sévi des années 1910 à 1930, s’étendant de Londres (la capitale) au nord de l’Angleterre.
Durant ces années-là, Kimber était considéré comme le plus grand patron de la pègre du Royaume-Uni.
C’était un gangster qui ne craignait personne, mais que beaucoup redoutaient.

William Billy Kimber un vrai peaky blinder

Le portrait de William Billy Kimber jeune.

Le gang de Birmingham de Billy Kimber

Membres du gang de Birmingham en 1919.
Billy Kimber se situe dans la rangée du haut, second en partant de la droite.

 

Au départ, il gagnait son pain sur les hippodromes, notamment par le biais du racket de protection et du vol par pickpocket.
Puis, au fil du temps, il est devenu un homme d’affaires, somme toute légitime.

Son empire, il l’a bâti en utilisant la peur et l’intimidation.
D’ailleurs, c’est comme ça qu’il a voulu conquérir le sud de l’Angleterre, lorsqu’il a voulu étendre ses activités de racket dans les hippodromes.  Mais, il se trouve qu’en descendant vers le sud, et plus particulièrement vers la capitale, il s’est retrouvé confronté à quelques difficultés.

En effet, pour s’approprier les rackets des hippodromes de Londres, Kimber envoya ses hommes pour se charger de l’affaire.
Là-bas, ses sbires s’en prennent aux bookmakers juifs, situés dans le quartier du East End. Les racketteurs les font chanter et essayent d’obtenir encore plus d’argent de ce que les victimes étaient déjà censées leur verser.
Et généralement, lorsque les victimes de racket ne payaient pas, elles se faisaient cruellement agresser et frapper.
Cela a été le cas du véritable Alfie Solomons, un bookmaker juif londonien qui n’allait pas en rester là…

Le vrai Alfie Solomons

Photo du vrai Alfie Solomons.

 

Alfred « Alfie » Solomon, le vrai, était un juif laïc, dont la famille était installée en Angleterre depuis des décennies. Contrairement à la série, ce n’était pas un récent immigrant ayant fui les pogroms antisémites de l’Empire russe.

Après l’armistice de 1918 et l’arrivée de la paix, Solomon devient donc bookmaker dans les hippodromes.
Cette activité, il l’exerce à Londres, la capitale.
Tout se passe alors très bien pour lui, jusqu’à ce que Kimber et ses hommes descendent dans le sud du pays pour étendre leurs opérations.
En fait, tout a vrillé lorsque Solomon a décidé de ne pas se laisser faire suite à un racket du gang de Birmingham.
En résistant, Solomon se fait cruellement frapper, puis est mis à terre afin d’être roué de coups de pied.
Quand Solomon est ramassé, il a le visage en sang et plusieurs dents en moins.
Une agression « anodine » me direz-vous, et pourtant, cette attaque allait être le début d’une guerre de gangs entre le Nord et le Sud.

En effet, après avoir été sauvagement attaqué par la bande de Kimber, Solomon cherche de l’aide auprès d’un puissant gang, opérant dans le sud de l’Angleterre : le gang Sabini, dirigé par Darby Sabini, lui aussi représenté dans la série.

Le vrai Darby Sabini

Le vrai Darby Sabini photographié dans les années 40.

 

Sabini était le parrain de la mafia sicilienne de Londres à l’époque. Sa famille, les Sabini, domina la pègre et les hippodromes du sud de l’Angleterre pendant une bonne partie du début du XXe siècle.
Pour constituer sa mafia, on dit que Darby Sabini a fait venir plus de 300 hommes de main de la Sicile dans la capitale britannique.
Devenu dès lors “parrain” dans son quartier, il aurait rendu justice à certaines personnes, réglait des conflits internes et protégeait l’honneur de jeunes femmes.

À l’image de Kimber, Sabini en imposait et ne craignait personne.
Il était d’ailleurs connu à son époque pour être le gentleman de la pègre.

C’est donc après l’agression envers Solomon que Sabini décida d’entrer en guerre contre Kimber et sa bande.
C’était le Nord contre le Sud, rivalité qui sera connue sous le nom de « guerre des hippodromes de 1921 ».

Mais, cette dispute pour le contrôle du racket de protection des hippodromes d’Angleterre ne fait aucun vainqueur, bien que le gang des Sabini ait eu plus ou moins le dessus.
Kimber et Sabini se mettent d’accord pour faire une trêve, et les 2 continuent leur racket de protection sur leurs territoires respectifs.

Enfin… pas pour longtemps, puisque la police, vers la fin des années 1920, décide de s’en mêler et de tout faire pour éradiquer le racket des bookmakers dans les hippodromes du pays.

Sabini est dès lors contraint de réorienter ses activités. Quant à Kimber, il part en Amérique le temps d’un instant, pour ensuite revenir en Angleterre et continuer son racket dans une moindre mesure.

Conclusion

Finalement, les racketteurs des hippodromes d’Angleterre des années 1920 et les Peaky Blinders, durant les années 1890 à 1910, n’avaient rien de glamour.
Kimber était un extorqueur qui est devenu prospère par la violence et par la peur. Il était de plus infidèle envers sa première femme, et a abandonné ses enfants à une vie de pauvreté.
Sabini, tout comme Kimber, a également acquis sa richesse par la force et a été, durant tout son règne, un homme peu respectable.
Alfie Solomon, bien que moins influent que Kimber et Sabini, était tout aussi cruel, la fois où il a tué un homme après une dispute l’atteste bien d’ailleurs.
Les frères Sheldon étaient connus pour être des crapules qui fuyaient systématiquement le combat loyal.

Bref, on peut dire que tous les gangsters cités présentaient en quelque sorte les mêmes caractéristiques que les Peaky Blinders de la fin du XIXe siècle. À savoir : violents, vicieux, sadiques, immoraux, lâches au combat et indignes de respect.

En fin de compte, ce n’est pas eux qu’il faudrait admirer (comme la série voudrait nous le faire croire), mais ceux qui ont eu le mérite de leur tenir tête.
Quand je dis ça, je parle bien évidemment des pauvres habitants de Birmingham qui se sont efforcés de rester honnêtes et de ne pas se tourner vers la violence, à une époque où les Peaky Blinders régnaient en maître.
Je parle de tous ces policiers qui ont eu le courage de se confronter à ces hordes de voyous au péril de leur vie.

Les vrais héros, ce sont eux finalement.

Sois au courant de notre prochain article !

Les emails sont gratuits et tes données restent privées. Possibilité de te désinscrire à tout moment. 👍

MERCI DE PARTAGER MON TRAVAIL

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur email
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur email

Laisser un commentaire

Ton adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec * *

Ces articles devraient t'intéresser

Carlo gambino
Je vais te faire une offre que tu ne pourras pas refuser.

Abonnes-toi aux e-mails privés de PROFESSION GANGSTER et reçois en avant-première nos nouvelles histoires de gangsters.

Les emails sont gratuits et tes données restent privées. Possibilité de te désinscrire à tout moment. 👍

Carlo gambino
Je vais te faire une offre que tu ne pourras pas refuser.

Abonnes-toi aux e-mails privés de PROFESSION GANGSTER et reçois en avant-première nos nouvelles histoires de gangsters.

Les emails sont gratuits et tes données restent privées. Possibilité de te désinscrire à tout moment. 👍